Lettre d'information

Pour vous inscrire à la lettre d'information

Saisissez votre adresse email :

Recopier le code de sécurité (ci-dessus) :

OK
Adhérez et soutenez la Maison de l'Europe Votre avis nous intéresse
Accueil > Europe Direct > Ressources Pédagogiques et Documentaires > Spéciale 2017 : Fact checking UE > Où en est la défense européenne? #DecodeursUE< Page Précédente

Où en est la défense européenne? #DecodeursUE

La Maison de l'Europe | Où en est la défense européenne? #DecodeursUE

Fiche provenant des décodeurs de l'UE élaborée par la Représentation de la Commission européenne en France :

 

Le territoire européen est régulièrement frappé par des attaques terroristes; des conflits violents se sont développés à nos portes; de nouvelles menaces – comme la cybercriminalité – sont apparues. Dans un contexte géopolitique incertain, il semble désormais nécessaire qu'émerge en Europe une réelle capacité de défense et de sécurité commune. C'est ce que souhaitent 75% des Européens. L'UE ne part pas de zéro en matière de défense. La politique de sécurité et de défense commune est inscrite dans les Traités européens depuis 2000 et un certain nombre d'actions ont déjà été menées en commun. Mais il est temps de passer à la vitesse supérieure et de mettre davantage en commun nos moyens de défense. C'est ce que propose la Commission à travers son document de réflexion sur l'avenir de la défense européenne. Dans l'immédiat, elle propose d'ores et déjà de créer un fonds européen de défense.​

 

 

La politique de sécurité et de défense commune existe…

 

Si en 1954 la tentative d'une Communauté européenne de la Défense a échoué, la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) est inscrite dans les Traités européens depuis le Traité de Nice (2000) et fait partie intégrante de la  politique étrangère européenne de sécurité commune (PESC). Concrètement l'UE peut intervenir dans des missions de rétablissement et de maintien de la paix, des actions conjointes en matière de désarmement, des missions de conseil et d'assistance en matière militaire, des missions de prévention des conflits, des missions humanitaires ou d'évacuation de ressortissants. Le traité précise que toutes ces missions peuvent contribuer à lutter contre le terrorisme.

 

La première des actions militaires lancée dans le cadre de la politique de sécurité et de défense Commune de l'Union européenne fut l'opération Concordia, en 2003. Cette mission a contribué à la restauration de la stabilité dans l'Ancienne République yougoslave de Macédoine et pris le relais d'une mission de l'OTAN.

 

Plus récemment, suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la France a invoqué l'article 42.7 du Traité de l'Union européenne, qui prévoit que si un État membre fait l'objet d'une "agression armée sur son territoire… , les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir". Les États membres ont répondu favorablement à cette demande : 12 États membres ont apporté leur aide à la France dans son intervention en Irak et en Syrie et 7 dans son intervention au Mali.

 

L'UE est engagée au total dans une trentaine d'opérations militaires dont certaines sont toujours en cours (cf. encadré).

 

La défense européenne est également étroitement liée à l'OTAN, alliance à laquelle appartiennent 22 États membres de l'UE sur les 28 (seuls l'Autriche, Chypre, la Finlande, l'Irlande, Malte et la Suède n'en font pas partie). Les accords dits « Berlin plus », adoptés le 17 mars 2003, posent les fondements opérationnels de la coopération OTAN-UE. Ils régissent la mise à disposition de l'Union européenne des moyens et des capacités de l'OTAN pour des opérations dans lesquelles l'OTAN ne serait pas engagé militairement en tant que tel.

 

 … mais les efforts en matière de défense sont dispersés

 

Les 28 pays de l'Union européenne ont consacré 227 milliards d'euros à la défense en 2016 à comparer aux 545 milliards d'euros dépensés par les États-Unis. Non seulement l'écart est important mais surtout la dépense européenne est très fragmentée : les États membres travaillent isolément et les dépenses en commun n'ont porté que sur 500 millions d'euros. Cette fragmentation s'illustre dans le nombre pléthorique de systèmes d'armes dans l'UE: il y en a 178 contre 30 aux États-Unis (cf. schéma ci-après). Cela conduit à un manque d'interopérabilité entre moyens militaires dans l'UE et donc à un manque d'efficacité (comme l'illustrent les carences apparues dans les moyens de ravitaillement en vol en Libye en 2011).

 

Un Fonds européen de défense doté de 1,5 milliard d'euros par an devant générer 5,5 milliards d'euros d'investissements communs

 

C'est à cette dispersion des efforts que la Commission européenne propose d'apporter une réponse en instituant un Fonds européen de la défense. La mise en commun de l'acquisition d'équipement militaire pourrait permettre d'économiser jusqu'à 30% des dépenses de défense en évitant les doublons. Ce Fonds sera doté de 590 millions d'euros jusqu’en 2020 puis de 1,5 milliard d'euros par an après 2020. Il permettra de cofinancer 20% des dépenses de recherche et de développement de nouveaux équipements et matériel militaire, à condition que les États membres coopèrent entre eux et s’engagent à acquérir les équipements dont le développement aura été soutenu par l'UE. Avec les contributions des États membres, le Fonds devrait permettre à terme de générer 5,5 milliards d'euros d'investissement en recherche et développement de capacités. La gestion financière des programmes sera assurée par l'Agence européenne de défense (AED) mais il reviendra aux États membres participants de piloter les projets.

 

Les enjeux sont nombreux: renforcer notre autonomie stratégique, plus et de mieux dépenser dans le développement de nos capacités, développer l'inter-opérationnalité, éviter les doublons et rapprocher les cultures stratégiques qui cohabitent en Europe.

 

Quel avenir pour la défense européenne ?

 

Dans un contexte géopolitique incertain, marqué par la montée du terrorisme, des conflits à nos portes (Russie/Ukraine) et le développement des cyberattaques, l'Europe de la défense doit être renforcée. C'est la conviction du Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker: « Nous devons travailler à renforcer l’Europe en matière de sécurité et de défense. Oui, l’Europe est pour l’essentiel une “soft power”. Mais même les plus grandes puissances pacifiques ne peuvent faire l’impasse sur des capacités de défense intégrées.»

 

C'est pourquoi, dans le cadre de sa réflexion sur l'avenir de l'Europe, la Commission a publié un document de réflexion sur l'avenir de la défense européenne, dans lequel elle envisage trois scénarios à l'horizon 2025, qui vont de la simple coopération à la mise en place d'une véritable défense et sécurité communes. Pour la compléter, la Commission a également présenté une stratégie de cybersécurité visant à renforcer la capacité de résistance de l’Union aux cyberattaques.

 

Une trentaine d'opérations militaires déjà effectuées par l'UE

 

Lancée en 2003, l'opération Concordia a contribué à la restauration de la stabilité dans l'Ancienne République yougoslave de Macédoine et pris le relais d'une mission de l'OTAN. Depuis, l'UE s'est engagée dans une trentaine d'opérations militaires dont certaines sont toujours en cours (EUNAVFOR MED lutte, depuis 2015, contre le trafic de migrants en Méditerranée). Des forces de réaction rapides (EUFOR, force terrestre, et EUNAVFOR, force navale) permettent le déploiement temporaire de forces opérationnelles issues des contingents des États membres. L'EURFOR ne doit pas être confondu avec l'Eurocorps, corps d'armée permanent de 1200 militaires dont le QG est à Strasbourg, regroupant des contingents de cinq "nations-cadres" (France, Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg) ainsi que cinq pays associés (Grèce, Italie, Pologne, Turquie et Roumanie), pouvant mobiliser 60 000 militaires. L'Eurocoprs intervient sur décision des nations-cadres suite à des demandes pouvant émaner de l'UE dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune, de l'OTAN, de l'ONU ou de l'OSCE, principalement dans des missions de maintien de la paix. Par exemple, en 2015, l'Eurocorps est venu en appui à la mission de l'Union européenne EUTM au Mali, lancée dans la foulée de l'opération française Serval.

 

 

Comparaison UE / États-Unis en matière d'équipements de défense

 

Comparaison UE / Etats-Unis en matière d'équipements de défense

 

 * Nombre de types de systèmes d’armes pour certaines catégories de systèmes d’armes

 

 Source: OTAN, Institut international d’études stratégiques, SIPRI, Munich Security Report 2017

La Maison de l'Europe - 29 avenue de villiers, 75017 Paris
Tél. : 33(0)1 44 61 85 85 - Fax : 33(0)1 44 61 85 95
Powered by Walabiz