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Le processus de Bologne : une réforme de l'enseignement supérieur qui fête ses dix-huit ans

La Maison de l'Europe | ©Stevens Frederic/Sipa

 

Après dix-huit ans quel bilan peut-on tirer du processus de Bologne et de la réforme Licence-Master-Doctorat (LMD)? L'objectif de ce processus était d'adapter le monde académique aux nouvelles exigences du monde du travail et à la concurrence internationale. Pour ce faire, l'Union européenne s'est inspirée de l'architecture d'enseignement supérieur nord-américain et a adopté le système des crédits ECTS pour plus de lisibilité.

 

Tout commence en mai 1998 à Paris avec la déclaration de la Sorbonne qui ambitionne de rapprocher les différents systèmes d’enseignement supérieur en Europe. C’est à l’occasion de la célébration du 800ème anniversaire de l’université de Paris que les ministres de l'éducation français, italien, britannique et allemand se sont fixé comme but premier la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur. Mais c’est véritablement avec la déclaration de Bologne que les 29 pays signataires s’engagent sur un texte commun le 19 juin 1999. Celui-ci vise à mettre en place un système facilement compréhensible et comparable entre les différents systèmes d’enseignement supérieur afin de faciliter la reconnaissance des diplômes et des qualifications dans l’Union européenne. Il crée aussi le supplément au diplôme, un document détaillant les matières validées lors du cursus dans la langue nationale et en anglais.

 

Le système LMD en trois cycles d'études est mis en place avec la Licence (3ans), le Master (2ans) suivi du Doctorat (3ans). En France cela s'est traduit par la suppression d'anciens diplômes tels que le DEUG, le DEA et leur remplacement par les diplômes LMD. Le système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS) est également mis en place. Il a pour objectif de pondérer une matière en fonction de son importance (temps de cours, investissement nécessaire). Ainsi à chaque matière sont attribués un certain nombre de crédits ECTS. De plus, ce système facilite la mobilité des étudiants, par exemple via le programme d'échange européen Erasmus+.

 

Théoriquement, ces mesures simplifient la vie des étudiants et des professeurs et permettent une meilleure mobilité géographique. Dans la pratique on constate des différences entre les Etats dans l'application du système des crédits ECTS.

 

Par exemple, la France a conservé son système d'études traditionnel et a simplement remplacé les matières au programme par des crédits ECTS. A l'inverse, le Danemark a été plus loin dans l'utilisation des ECTS en proposant aux étudiants de choisir eux-mêmes leurs cours et déterminer le nombre de crédits qu'ils souhaitent obtenir pour un cours en fonction de leur investissement. A l'Université d'Aarhus, les étudiants écrivent une dissertation plus au moins longue pour un même cours afin d'obtenir davantage de crédits. La liberté est aussi laissée aux étudiants qui décident combien d'ECTS par semestre ils souhaitent valider.

 

En revanche dans certains cas, le système présente des défauts comme en témoigne Tomáš Miklica, étudiant en Master de Journalisme à l'Université Charles de Prague en République Tchèque: "j'ai effectué un Erasmus au Danemark mais celui-ci n'a compté que comme un programme supplémentaire à mes études et n'a pas été reconnu malgré le système des crédits ECTS. Le programme était très intéressant mais du point de vue des crédits, j'ai perdu une année d'étude à cause de ce semestre à l'étranger. Cela arrive assez souvent si vous souhaitez faire un Erasmus". Il l'explique par la différence de méthode d'enseignement entre la République Tchèque et le Danemark et pense que ce système est efficace mais qu'il ne supprimera jamais les différences entre Etats membres.

 

Une rigidité sur laquelle abonde le corps enseignant en soulignant que malgré une facilité de mobilité pour les étudiants plusieurs pays ont du mal à s'aligner sur les accords de Bologne. Pour M.L, professeur, cela tient à un refus de modifier un système universitaire auquel ils sont habitués et dont la résistance empêche les changements. Elle souligne aussi le problème de la reconnaissance des diplômes: "en tant que Française lorsque j'ai déménagé en Belgique j'ai été atterrée d'entendre que mon Master de Français Langues Etrangères obtenu en France ne valait pas son équivalent belge. Pour l'obtenir, il me faudrait refaire une année d'étude complète au minimum. Pourtant je possédais les crédits adéquats et les diplômes européens!".

 

Dix-huit ans après la réforme LMD et le lancement du processus de Bologne, on constate donc les avantages de ce système qui permet un rayonnement international de l'offre de formation européenne et des échanges entre les étudiants et les universités plus aisés. Il n'en reste pas moins que des efforts restent à faire surtout en matière d'application de la réforme dans les différents Etats-membres, la suppression des différences entre établissements d'enseignement supérieur et la reconnaissance des diplômes.

 

Article publié sur le site France Soir le 19 octobre 2016.

 

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