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Brexit : Information

La Maison de l'Europe | Brexit : Information

Brexit

 

Aux premières heures de la matinée, le Brexit, ou British Exit, réunissait 51.9% des voix. La participation au scrutin a été forte, avec 72,2% selon le chiffre officiel. Petit tour d'horizon…

 

 

Le Royaume Uni était membre de l’Union européenne (UE) depuis 1973. Le résultat du référendum fait l’effet d’un coup de tonnerre. Les conséquences économiques se sont immédiatement fait sentir dans les bourses. Pour l'instant, le cours de la livre est au plus bas depuis 1985, tandis que les marchés s'affolent, notamment sur les places boursières asiatiques qui ont immédiatement réagi aux premiers résultats du référendum sur le Brexit. La bourse de Tokyo a chuté de près de 8%. Aujourd'hui les banques britanniques sont en chute libre. Lloyds dégringole de 27%, Barclays de 30%, RBS de 34%. A Paris, BNP Paribas perd 16%. (Source France Info)

 

 

Alors…Qui a voté quoi au Royaume-Uni ?

 

Côté politique, le Brexit est aussi un tournant dans la politique intérieure du Royaume-Uni : le Premier ministre David Cameron a annoncé sa démission ce matin (Il assura cependant la transition jusqu'en octobre), puisqu'il avait fait campagne pour le "In", pour "rester" dans l'UE.

 

Toujours côté politique, Nigel Farage, chef du parti eurosceptique Ukip est sans appel : "L'UE est en train d'échouer, l'UE est en train de mourir" (France Inter). Le pilier des partisans du Brexit, qui réclame un gouvernement pro-Brexit, avait d’abord annoncé sur les réseaux sociaux une défaite, avant de rectifier le tir avec le résultat final cette nuit. "C’est une victoire pour les vrais gens, pour le peuple ordinaire", clame-t-il. (France Inter)

 

 

Avec le Brexit, le tabloïd le plus vendu du Royaume-Uni, The Sun, affiche sa joie en couverture à ses 1,8 million de lecteurs. “See EU later” peut-on y lire. Il ajoute que “la marge très étroite de victoire (52 % contre 48 %) pour le Brexit laisse la nation divisée en deux”. Il s’agit d’un “soulèvement populaire massif contre les élites londoniennes” venant des électeurs du “nord de l’Angleterre, de la côte est, des Midlands et du pays de Galles, ainsi que des zones rurales dans le Sud. Seuls l’Ecosse, l’Irlande du Nord et les quartiers du centre de Londres et de Manchester ont voté contre le Brexit.” (Source : Courrier international)

 

 

Sur les 12 régions électorales qui composent le Royaume-Uni, seules 3 ont exprimé leur volonté de rester dans l'Union européenne. Il s'agit de l'Irlande du Nord, de l'Ecosse et de la périphérie de Londres. (Carte interactive France Info, et YouGov Poll)

 

La Premier ministre de l'Ecosse, Nicola Sturgeon, a prévenu, après les premiers résultats de ce référendum, que l'Ecosse voyait "son avenir au sein de l'Union européenne" : l'Écosse, qui a voté à près de 62% pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, pourrait redemander son indépendance.

 

En Irlande, le Sinn Fein, ex-vitrine politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), a appelé à un référendum sur une Irlande unifiée, et le parti républicain a souligné que le référendum sur l'UE avait des "conséquences énormes sur la nature de l'Etat britannique" sachant que l'Ecosse et l'Irlande du Nord ont voté pour un maintien au sein de l'Union européenne. (Source : France Inter) 

 

 

Cliquer sur l'image pour la voir en grand

Source : FranceTvInfo 

 

Selon le sondage YouGov Poll, les jeunes ont votés massivement pour rester dans l’Union européenne, tandis que les 50 ans et plus ont voté pour quitter. 

 

Les résultats du Sondage (paru dans Daily Telegraph) :

  • 18-24: 75% Rester
  • 25-49: 56% Rester
  • 50-64: 44% Rester
  • 65+: 39% Rester

 

La séparation sera actée dès maintenant ?

 

L'Union européenne n'est pas encore passée de 28 à 27 membres. Avant toute chose, comme le prévoit l'article 50 du Traité sur l'Union européenne (TUE), le Royaume-Uni doit notifier au Conseil européen son intention de s'en aller. Le Premier ministre, David Cameron, avait laissé entendre qu'il saisirait ce Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement européen rapidement, pendant la campagne, mais rien ne l'y oblige. Il a démissionné ce matin, puisqu'il avait fait campagne pour le "In" (rester dans l'UE).

 

C'est finalement l'ancienne Ministre de l'Intérieur de Cameron, Theresa May, qui a été désignée par le parti conservateur britannique afin de devenir le nouveau Premier Ministre du pays. Bien qu'elle ait fait, par loyauté, campagne aux côtés de David Cameron pour que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne, elle demeure connue pour ses positions eurosceptiques et était, à ce titre, la personne la mieux placée pour unifier le parti conservateur, divisé à la suite de la campagne et du référendum.

 

Elle a en outre tout de suite précisé «Brexit veut dire Brexit» et assuré de sa volonté de respecter le choix des britanniques à l'issue du référendum du 23 juin dernier. A ce titre, les trois acteurs des négociations pour le gouvernement britannique sont clairement révélateurs. Il s'agit de Boris Johnson, nommé au Ministère des affaires étrangères, David Davis, Ministre chargé du Brexit, et enfin Liam Fox, désigné Ministre du Commerce International. Tous trois ont activement fait campagne pour le Brexit et sont des eurosceptiques convaincus. Un choix fort donc pour la Première Ministre britannique, investi officellement le 13 juillet dernier. Toutefois, elle a également indiqué qu'elle ne souhaitait pas enclencher l'article 50 avant la fin de l'année, ralentissant d'autant la procédure de sortie du Royaume-Uni.

 

Une fois la procédure lancée, le Royaume-Uni et l'UE auront deux ans maximum pour négocier les clauses de la séparation et parvenir à un accord, qui devra être approuvé par le Parlement européen et le Conseil européen. Si rien n'est conclu au terme des deux ans, la séparation prendra effet immédiatement. Ce n'est qu'une fois la séparation actée que le Royaume-Uni sera libéré des obligations des traités européens (ce qui suppose d'adapter la législation britannique et probablement sa constitution) et que ses représentants quitteront les institutions européennes (plus de 1200 personnes sont concernées).

 

Outre les aspects bureaucratiques tels que la gestion des dernières contributions britanniques et des derniers investissements européens, modification des textes, modification des contrats des fonctionnaires britanniques de l'UE, etc.,  de nombreuses autres questions restent à traiter. Quel avenir pour les expatriés ? (300 000 français vivent à Londres) Quelles conditions de circulation des personnes ? Quelles barrières douanières ? Ces points pourraient être examinés en parallèle de la procédure de séparation. Le tout pourrait durer plusieurs années supplémentaires.

 

En matière économique, tout est envisageable. Le Royaume-Uni pourrait imiter l'Islande et la Norvège en rejoignant l'Espace économique européen, qui donne accès au marché intérieur européen. Mais il serait obligé d'accepter la libre-circulation des personnes, d'appliquer de nombreuses normes européennes et de participer au budget européen... c'est-à-dire tout ce que les partisans du Brexit veulent éviter….  

 

En cas de Brexit, les changements, une infographie du Courrier International 

 

Des conséquences au sein des institutions européennes

 

Les premières conséquences du Brexit se sont fait sentir au sein des institutions européennes lors du week-end du 25 et 26 juin. Ainsi, le Conseil a nommé samedi 25 juin un « Monsieur Brexit », le belge Didier Seeuws, pour négocier le divorce entre l’Union européenne et Londres. Cet homme n’est pas un inconnu des institutions européennes puisqu’il a été adjoint au représentant de la Belgique auprès de l’Union européenne, notamment lors de la présidence belge du Conseil de l’Union européenne (1er juillet au 31 décembre 2016). Il a ensuite été chef de cabinet du premier président permanent du Conseil européenn, Hermann Van Rompuy. Pendant un temps, l’idée d’une Task Force sur l’article 50 a été envisagée dans un premier temps, mais n’a finalement pas été réalisée au vu de la situation politique complexe qui a lieu en Grande Bretagne.
 

La Commission européenne aura également son «négociateur en chef» en la personne de Michel Barnier. Le Français a en effet été officiellement désigné par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker pour participer aux négociations de sortie du Royaume-Uni au nom de la Commission européenne.

 

D’autres conséquences sont apparues au sein des institutions européennes. Au niveau de la Commission européenne, Jonathan Hill le commissaire européen britannique chargé de la stabilité financière, des services financiers et de l’Union des marchés des capitaux a décidé de quitter ses fonctions suite à la victoire du Leave : «Puisque nous passons à une nouvelle phase, je ne crois pas qu’il soit bien de continuer en qualité de commissaire britannique comme s’il ne s’était rien passé», a expliqué Jonathan Hill dans un communiqué. «Conformément à ce dont j’avais discuté avec le président de la Commission (Jean-Claude Juncker) il y a quelques semaines, je lui ai donc dit que je démissionnerai». En attendant la venue d’un potentiel nouveau commissaire britannique, c’est le Letton Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission chargé de l’euro, qui prend en charge ce portefeuille.
 

Autre conséquence du Brexit, la Grande-Bretagne devait prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne à partir du 1er juillet 2017. Un changement a alors été mis en place et ce sera finalement l’Estonie qui se chargera de cette présidence. Elle devait normalement succéder à la Grande-Bretagne, le calendrier a donc été avancé afin de s’adapter à ce bouleversement.

 

Lire l'édito de la Présidente de la Maison de l'Europe de Paris : Catherine Lalumière

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